Du savoir à la culture scientifique…

Par Thomas Rousseau
Chef de projet R&D et industrialisation

…et de la recherche à la découverte. Une bonne démarche scientifique commence avant tout par une recherche bibliographique, qui consiste à établir l’état de l’art d’un domaine spécifique. L’un de ses objectifs, si ce n’est le principal, est de ne pas reproduire ce qui l’a déjà été et ainsi de s’assurer de l’originalité de son travail. La découverte du phénomène de Gibbs,  illustre parfaitement l’importance de cette démarche*.

Par la recherche bibliographique, le chercheur acquiert donc un savoir scientifique indispensable à son activité. Néanmoins, ce savoir ne saurait constituer une ressource suffisante à la création, et cela pour deux raisons. La première concerne l’extrême spécificité technique de la connaissance acquise ; la seconde est que cette dernière fait abstraction de l’environnement, de l’histoire et des mécanismes qui ont conduit aux plus grandes découvertes.

Ces deux dimensions – à savoir la pluridisciplinarité et l’histoire des sciences – constituent les fondements de la culture scientifique, véritable moteur de la créativité et à l’origine de nombreuses découvertes.

Le succès constant des domaines de recherche à la croisée des disciplines « standards » (physique, mécanique, mathématique, biologie, etc) démontre l’importance pour le scientifique de posséder un large socle de connaissances dans ces différents domaines. Par exemple, les séries de Fourier, initialement conçues pour résoudre l’équation de la chaleur, sont aujourd’hui utilisées dans de nombreux domaines jusqu’à la compression de nos fichiers musicaux.

Parallèlement, la connaissance de l’histoire des sciences est essentielle à la créativité car elle permet de donner du sens aux savoirs, voire une certaine profondeur poétique. Connaitre les équations d’électromagnétisme de Maxwell permet de résoudre un problème technique comme concevoir et dimensionner correctement une bobine électrique. En revanche, prendre en compte le contexte dans lequel ces équations ont été établies et surtout les questions qu’elles ont soulevées, permet de comprendre, par exemple, comment et pourquoi Einstein a élaboré sa théorie de la relativité restreinte.

Sans culture, le savoir scientifique reste donc statique et ne sert qu’à résoudre une situation déjà rencontrée. Ce sont les liens tissés par la culture qui rendent ce savoir dynamique. Ainsi, la culture ne doit pas être un facteur discriminant comme a pu l’imaginer Françoise Sagan en la comparant à de la confiture, mais bien comme un élément de cohésion permettant aux scientifiques d’associer leurs savoirs pour faciliter l’émergence de nouvelles idées.

FILAB, fort de la pluridisciplinarité de son activité (chimie & matériaux) et de ses ambitions multisectorielles, cherche à maintenir une culture scientifique riche dans ses équipes, notamment via ses sessions de partage de savoirs : LES FILAB’IDÉES. Nos échanges continus sur des expériences passées, des cas clients jusqu’aux intérêts scientifiques de chacun, nous poussent à penser sans cesse « en dehors de la boite » pour proposer à nos clients des solutions originales et innovantes…

*Dès 1848, Wibraham découvre que la décomposition d’un signal en série de Fourier produit des oscillations autour de ses discontinuités. 50 ans plus tard, suites aux expériences de Michelson (qui n’y voyait qu’un défaut de sa machine), Gibbs redécouvrira le phénomène qui porte désormais son nom.

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