Que celui qui n’a jamais utilisé d’Emoji me jette le premier smiley !

Que celui qui n’a jamais utilisé d’Emoji me jette le premier smiley !

A l’heure du débat (vif !) sur la réforme de l’orthographe, et des thèses écrites sur la communication SMS, Snapchat et consors, que penser des Emoji, ces petites icônes au nom japonais qui s’immiscent dans nos conversations. Sortis de la communication des seuls ados, leur usage explose chez le plus grand nombre (6 milliards d’Emoji partagés chaque jour dans le monde), bousculant ainsi les alphabets traditionnels.

Comment expliquer ce succès ?

Certains y verront une régression infantile, l’image une fois de plus substituée à l’écrit.

Il faut y voir beaucoup plus que cela.

L’Emoji crée ce que l’esperanto (cette langue internationale crée à la fin du 19ème siècle) n’a jamais su faire faute de pratiquants : un langage universel largement partagé, notamment dans les pays où l’anglais est peu parlé (en chine par exemple).

L’Emoji est faussement simple : ce petit dessin veut en réalité dire plusieurs choses à la fois : accolé à un message, il le nuance, il peut en changer le sens, parfois de manière équivoque, voire le démentir.

Pour Pierre Halté, Docteur en sciences du langage, l’Emoji « nous place dans les conditions de spontanéité proches du face-à-face de l’oral. A l’oral, les intonations, les gestes, les mimiques, permettent de nuancer la parole, ce qui disparaît à l’écrit. Ces petites icônes servent à pallier ce manque, à l’écrit, des gestes et autres indices. »

A l’ère de la communication numérique, de l’ultra rapidité des échanges et de la simultanéité des tâches, l’Emoji vient donc exprimer nos sentiments, nos émotions, voire nos arrière-pensées. Il n’appauvrit pas la langue, il agit en interaction avec elle, et a, à cet égard, toute sa place.

Source : Dossier « Emoji, la nouvelle façon de parler ». Les Echos week end 15 janvier 2016

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